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  • Céline d'Une Bulle à 2

Mon allaitement


Ma première représentation de l’allaitement


     Je me souviendrais toujours de mon premier cours d’allaitement à l’ISEI, un des tous premiers cours en rapport avec le métier de sage-femme.

     J’étais étonnée d’avoir ce cours car dans ma représentation de l’après-naissance, le biberon et le lait artificiel était la normalité pour moi, malgré que ma maman m’ait raconté qu’elle m’a allaité 9 mois. 

     Encore beaucoup de gens pensent (à tort) qu’alimenter son bébé avec un biberon de lait artificiel, (= du lait de vache modifié) ou d’autres laits du règne animal ou végétal, est la norme. Or c’est faux depuis que le monde est monde, l’Homme, ou plutôt dans ce cas précis, les Femmes allaitent leurs petits et c’est bel et bien grâce à cette nourriture physique et affective que nous sommes là aujourd’hui, nous les Humains, descendants des Hommes des cavernes. 

     Suite à mon expérience professionnelle, j’ai pu observer et comprendre les mécanismes de l’allaitement pendant les premières semaines de vie.

     Quand je suis tombée (enfin) enceinte, il m’est apparu comme une évidence d’allaiter ma fille, c’était la continuité de la grossesse. 

     Cependant, je n’avais pas pensé que ce serait un tel parcours du combattant pour pouvoir l’allaiter sereinement comme j’en avais envie.



Mon premier allaitement


     Notre allaitement a pris son cours, le 27 Février 2017 à Erasme, il aura duré 2 ans 3 mois et 17 jours, soit 827 jours de partage, d’amour, de tendresse, de découverture, de nourrissage, d’affection, de toucher, …

     Il a pris fin petit à petit, tout en douceur, le 17 Juin 2019 à Feluy, d’un commun accord entre nous 2.

     Pour rien au monde, je voudrais changer quelque chose.




Mon vécu d’allaitement


    Au début, c’était dur, je me vois encore me dire que je comprenais pourquoi les femmes arrêtaient d’allaiter leurs bébés pendant les 3 premières semaines.

    Mais après ses 3 premières semaines, je me souviens que je ressentais énormément d’amour et de temps passé ensemble. Beaucoup de complicité et de douceur. 

     Les 6 premiers mois : c’était pour moi la seule manière de me sentir « être sa maman ». Me sentir la personne la plus importante de sa vie. C’était la continuité d'un processus normal qu’est la grossesse. Je sentais ce lien si particulier entre une mère et son enfant, qui grandissait de jour en jour à n’en plus finir et ça me convenait plus que bien. 

    Par contre, ça a été dur de la laisser prendre ses premiers biberons. Au début, ça n’a pas du tout fonctionné d’ailleurs, ça a pris plusieurs semaines et plusieurs biberons différents. Et puis, un jour, j’ai eu un déclic. Je me suis dit « tant pis, je préfère qu’elle prenne un biberon avec une inconnue à la crèche, plutôt qu’elle s’affame. » Et elle a pris des biberons de mon lait sans problème. Impressionnant cette connexion mère-bébé.


    Vis-à-vis de l’entourage plus ou moins proche, je me souviens avoir ressenti beaucoup de jugements vis-à-vis de mon allaitement qui durait dans le temps, c’est bien d’allaiter mais pas plus de 4 mois, après ce n’est pas normal. Je devais me justifier constamment sur ce qui me semblait le meilleur pour mon enfant. Ils me donnaient l’impression d’être une personne dérangée, limite incestueuse. J’ai rarement eu des discours bienveillants sur mon allaitement, mais plutôt des phrases « quand est-ce-que tu comptes t’arrêter de l’allaiter ? »

    A force, vers ses 20 mois, je ne parlais même plus de mon vécu, je n’avais même plus envie de défendre les bienfaits de l’allaitement long, et je n’avais plus envie de dire que j’allaitais encore ma fille car finalement ça ne regardait qu’elle et moi. Je préférais alors me cacher pour allaiter.


    Alors pour répondre à cette fameuse question : « quand est-ce-que tu comptes t’arrêter d’allaiter ? » Moi même je n’en savais rien, je sais que je mettais fixer « au moins 6 mois » puis ça marchait tellement bien que pourquoi arrêter, donc je me suis fixée 1 an, puis 1 an et demi, puis 2 ans, puis … On verra bien… 

    C’est merveilleux de savoir quand ça a commencé mais pas quand ça va se terminer. Ça m’a appris à vivre au jour le jour et à profiter de ce que j’avais.

    Je me suis donc surprise à penser au sevrage naturel, même si j’ai quand même douté des bienfaits de l’allaitement par rapport aux nuits désastreuses d’Eléa, et j’en venais à penser qu’à cause de l’allaitement, elle ne dormira jamais dans sa chambre. Parfois je refusais de l’allaiter, mais ces nuits-là ont été les plus horribles de toutes. Au moins, quand elle tétait la nuit, elle se rendormait vite et c’était bien.

Allaiter la nuit m’a aussi permis de maintenir cet allaitement dans le temps. Et puis j'ai fini par me dire qu’elle prendrait le temps qui lui faudrait pour dormir sans tétée nocturne. Elle a arrêté de téter la nuit, quand j’ai finalement lâché prise sur le sommeil, vers 22 mois.


    Après ses 2 ans, j’ai vu ce sevrage naturel arriver tout doucement. Petit à petit, elle a arrêté de téter systématiquement le matin, c’était seulement de temps en temps, puis de moins en moins souvent. Le soir, elle tétait de moins en moins longtemps. Jusqu’à ne plus téter que 30 secondes, un sein, puis l’autre, puis encore l’autre. Du coup, je lui ai dit qu’elle n’était plus obligée de téter et qu’elle pouvait choisir entre téter et que je lui lise une histoire. Je ne lui proposais plus, j’attendais qu’elle demande. Sauf quand mes seins avaient besoin d’être secourus. Et de plus en plus, elle venait se blottir contre moi et demander que je lui lise une histoire. 

    Et puis il y a eu une dernière tétée à notre retour de vacances, comme pour dire merci pour tout. Aucune frustration et aucun regret. Et maintenant nos câlins sont divinement doux et remplis de tendresse et d’Amour.

   Aujourd'hui parfois, quand elle me voit nue et qu’elle regarde ma poitrine, je lui propose de téter et elle me répond « ben non maman y’a plus ! » je trouve ça trop cute ! :-)



Tout ce que j’ai le plus aimé vivre


- Sentir son petit corps se blottir contre moi. Sentir sa main toucher mes cheveux. Ne plus avoir coupé mes cheveux en longueur pour qu’elle puisse les caresser. 

- Être tellement fière d’avoir pu l’allaiter les innombrables fois où elle était malade et qu’elle ne voulait pas s’alimenter autrement qu’à mon sein. 

- Toutes les fois où elle s’est endormie en tétant repue, en confiance et gorgée d’amour. 

- Toutes les fois où on a pu dormir l’une près de l’autre. 



Tous les trucs moins fun que j’ai vécu

- Toutes ses montées de lait plus ou moins douloureuses. 

- Un canal lactifère bouché qui m’a bien fait mal une bonne semaine, mais qui s’est résorbé spontanément. 

- Un petit hématome bien douloureux dans le sein, à cause d’un coup de pied qu’Eléa m’avait donné sans faire exprès. 

- Toutes les fois où j’ai tiré mon lait en revenant d’une garde vers 22h et aussi pendant une garde. 



Gratitude

    Je remercie mon corps d’avoir aussi bien fonctionné, pour nourrir mon bébé. 

   Je remercie ma petite voix intérieure, qui grâce à elle, m’a poussé à n’écouter que moi et pas les autres, même si c’était parfois dur moralement. 

   Je remercie mon esprit d’avoir réussi à être sa maman à ma façon.

  Je remercie mon conjoint, qui m’a permis d’allaiter notre fille le plus longtemps possible, même si ce sujet n’appartenait pas à ses convictions et croyances.

  Et bien sûr je remercie ma grenouille, d’avoir aussi bien téter dès le départ et surtout de m’avoir appris à prendre confiance en moi et en ce que je pensais juste pour elle et moi.

   Je me sens fière et heureuse quand je vois qu’elle donne le sein à ses bébés, car pour elle, c'est la norme.

   Il me reste du lait dans le congélateur, je pense qu’en souvenir de notre allaitement, je vais m’offrir un bijou de lait.




_________________________________


     Pour finir, je tiens à souhaiter une belle aventure lactée à toutes les futures mamans, qui vont vivre leur premier ou leur xième allaitement. Le meilleur conseil qui soit c’est : 

«  écoutez-vous, vous savez mieux que personne ce qui est bon pour votre bébé. »



XoXo

Céline 🌸

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Pour tous renseignements ou prise de rendez-vous, veuillez me contacter, soit par téléphone, soit sur ma page facebook, soit par mail, soit sur la page contact !

D'avance merci,

Céline.

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